La réglementation du diagnostic de performance énergétique impose une lecture rigoureuse des surfaces prises en compte et des données utilisées dans les logiciels métiers. En juin 2026, deux points appellent une vigilance particulière : la détermination de la surface de référence du DPE et la bonne prise en compte des évolutions méthodologiques applicables depuis le 1er janvier 2026, notamment pour les logements utilisant l’électricité.
DPE : surface de référence et coefficient électrique, deux points à vérifier en juin 2026
La surface utilisée pour établir un DPE ne doit pas être traitée comme une simple surface déclarative. Depuis le 1er juillet 2024, en application des évolutions introduites par l’arrêté du 25 mars 2024, les DPE des logements doivent être établis en raisonnant à partir de la surface de référence du bâtiment.
Cette surface correspond à la surface habitable du bâtiment, à laquelle s’ajoutent certaines surfaces complémentaires : les vérandas chauffées ainsi que les locaux chauffés destinés à l’usage principal d’occupation humaine, dès lors que leur hauteur sous plafond est d’au moins 1,80 m.
Surface de référence du DPE : attention aux dépendances aménagées
Ce point est particulièrement sensible pour les dépendances aménagées. Une annexe, un garage transformé, un sous-sol aménagé ou une pièce indépendante ne doivent pas être intégrés automatiquement dans la surface de référence du DPE. Leur prise en compte dépend d’une analyse concrète du local : est-il réellement chauffé ? Est-il destiné à l’usage principal d’occupation humaine ? Sa hauteur sous plafond atteint-elle au moins 1,80 m ? Sa configuration permet-elle de le rattacher au volume réellement occupé comme logement ?
La présence d’une salle d’eau, de WC, d’un revêtement intérieur ou d’un aménagement ponctuel ne suffit donc pas, à elle seule, à justifier l’intégration d’une dépendance dans la surface de référence. Le diagnostiqueur doit qualifier l’espace au regard de sa destination réelle, de son mode de chauffage, de sa hauteur sous plafond et de son usage dans le logement.
À l’inverse, les surfaces qui conservent une fonction de cave, garage, remise, comble non aménagé, sous-sol non transformé, terrasse, balcon, loggia ou dépendance non affectée à l’usage principal d’occupation humaine ne doivent pas être assimilées à des surfaces prises en compte pour le calcul du DPE.
Pourquoi ce point est sensible pour les diagnostiqueurs
Une erreur de surface peut modifier les résultats du DPE, notamment les indicateurs de consommation rapportés au mètre carré. Elle peut aussi créer une incohérence entre le rapport, les plans, les déclarations du propriétaire et l’usage réel des locaux.
Le point de vigilance est donc double :
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ne pas exclure à tort un local chauffé, aménagé et destiné à l’usage principal d’occupation humaine lorsqu’il répond aux critères de la surface de référence ;
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ne pas intégrer abusivement une dépendance qui conserve une fonction accessoire ou qui ne répond pas aux critères de prise en compte.
En pratique, lorsqu’un espace est ambigu, il est recommandé de documenter clairement le raisonnement retenu : dépendance aménagée, garage transformé, local indépendant, sous-sol partiellement aménagé ou véranda chauffée. Cette traçabilité permet de sécuriser le rapport et de justifier la surface retenue en cas de contestation.
Logiciels DPE et audit énergétique : vérifier l’alignement avec la méthode en vigueur
La fiabilité d’un DPE dépend aussi de l’outil utilisé pour le produire. Les logiciels établissant les DPE doivent mettre en œuvre la méthode réglementaire applicable et être conformes aux procédures d’évaluation prévues par les textes.
Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du DPE intègre une évolution importante : le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette modification peut améliorer l’étiquette de certains logements chauffés à l’électricité ou utilisant fortement l’électricité, sans remettre en cause les données d’entrée constatées lors du diagnostic.
Les DPE édités depuis cette date doivent donc intégrer automatiquement ce nouveau coefficient. Pour certains DPE plus anciens encore valides, une attestation de nouvelle étiquette peut être générée via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, lorsque les conditions prévues par les textes sont réunies.
Le même point de vigilance s’applique aux audits énergétiques réglementaires concernés par cette évolution : les outils utilisés doivent être à jour, correctement paramétrés et cohérents avec les méthodes en vigueur au moment de l’édition du rapport.
Pour les professionnels, l’enjeu est donc simple : vérifier que le logiciel utilisé est bien actualisé, que la version appliquée correspond à la réglementation en vigueur et que les données transmises sont cohérentes avec le rapport produit. Un défaut d’actualisation peut entraîner des écarts de calcul, des difficultés de transmission ou une incohérence entre le document remis et les règles applicables.
Ce qu’il faut retenir
En juin 2026, deux points doivent faire l’objet d’une attention particulière dans la réalisation des DPE.
D’abord, la surface de référence doit être déterminée avec méthode. Une dépendance aménagée ne peut être intégrée que si elle répond aux critères applicables : local chauffé, destination à l’usage principal d’occupation humaine et hauteur sous plafond suffisante.
Ensuite, les logiciels DPE et les outils utilisés pour les audits énergétiques réglementaires doivent être alignés avec les méthodes en vigueur, notamment depuis l’évolution du facteur de conversion de l’électricité applicable au 1er janvier 2026.
Ces deux points ont un impact direct sur la fiabilité du diagnostic, la cohérence du rapport et la sécurité technique du dossier transmis.