DPE et confort d’été : vers une nouvelle évaluation de la performance des logements ?
16 Septembre 2026

DPE et confort d’été : vers une nouvelle évaluation de la performance des logements ?

Face à la multiplication des épisodes de forte chaleur, la performance d’un logement ne se résume plus à sa capacité à limiter les consommations en hiver. Déjà présent dans le DPE, le confort d’été fait aujourd’hui l’objet de travaux visant à améliorer son évaluation et sa visibilité. Une évolution qui pourrait renforcer son importance dans le diagnostic immobilier et les projets de rénovation.

Le confort d’été est déjà pris en compte dans le DPE

Contrairement à une idée parfois répandue, le confort d’été n’est pas absent du Diagnostic de Performance Énergétique.

La réglementation prévoit déjà une évaluation du confort thermique passif en période estivale selon une échelle à trois niveaux. Le DPE indique également les caractéristiques du logement favorables au confort d’été et peut présenter des recommandations de travaux visant à l’améliorer.

Cette évaluation reste toutefois distincte de l’étiquette énergétique principale du DPE, classée de A à G. Un logement performant du point de vue de sa consommation énergétique peut donc présenter parallèlement des caractéristiques moins favorables en matière de confort estival.

Quotidiag a notamment rappelé cette distinction à l’occasion des épisodes de chaleur de l’été 2026.

L’enjeu n’est donc plus réellement d’introduire le confort d’été dans le DPE, mais d’améliorer la manière dont il est mesuré, compris et utilisé.

Pourquoi l’indicateur actuel doit-il évoluer ?

Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), publié en mars 2025, identifie précisément cette limite.

Dans sa mesure consacrée à l’adaptation des logements aux fortes chaleurs, l’État considère que l’indicateur actuellement utilisé dans l’Hexagone est relativement simple et doit être amélioré afin de mieux représenter la performance réelle d’un logement en période estivale.

Parmi les pistes envisagées figure notamment une méthode tenant davantage compte de la localisation du bâtiment, avec la possibilité de s’inspirer d’une approche en degrés-heures similaire à celle utilisée dans la RE2020 pour les bâtiments neufs.

Le PNACC-3 fixe, dans sa programmation initiale, un horizon 2028 pour l’actualisation de l’indicateur de confort d’été du DPE.

Une fois l’indicateur fiabilisé, le plan prévoit également que sa visibilité puisse être renforcée. Son affichage dans les annonces immobilières fait notamment partie des possibilités explicitement envisagées, sans constituer à ce jour une obligation réglementaire.

2026 : vers un « DPE confort d’été » plus visible ?

Les orientations annoncées en juillet 2026 vont encore plus loin.

Lors d’une question au Gouvernement publiée le 16 juillet 2026, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a confirmé que les pouvoirs publics travaillaient à une nouvelle information consacrée au confort d’été dans le DPE.

Le ministre a évoqué « une nouvelle indication, une nouvelle lettre, pour le confort d’été » et annoncé travailler à la présentation, dans les mois suivants, d’un « DPE confort d’été » permettant d’informer les citoyens sur les performances du logement aussi bien en hiver qu’en été.

À ce stade, il s’agit toutefois d’une annonce gouvernementale et non d’un nouveau classement réglementaire déjà applicable. Les modalités de calcul, la présentation définitive de cette information et son articulation avec l’étiquette DPE existante devront donc être précisées par les futurs textes.

Cette distinction est essentielle pour les professionnels : le dispositif actuel continue de s’appliquer tant qu’une évolution réglementaire n’est pas entrée en vigueur.

La rénovation énergétique intègre progressivement le confort d’été

L’évolution ne concerne pas uniquement le diagnostic.

Le PNACC-3 fixe comme objectif que les rénovations d’ampleur bénéficiant d’aides publiques prennent en compte le confort d’été à l’horizon 2030. Il prévoit également d’étudier l’intégration de critères de confort d’été dans la définition réglementaire d’une rénovation performante.

Plusieurs solutions sont concernées : protections solaires extérieures, occultations, brasseurs d’air ou solutions passives de rafraîchissement.

Certaines mesures sont d’ailleurs déjà mobilisables dans le cadre de rénovations d’ampleur. Le PNACC-3 indique notamment que les dépenses associées à l’installation de protections solaires extérieures sur les baies vitrées et de brasseurs d’air sont éligibles, sous certaines conditions, dans le parcours accompagné de MaPrimeRénov’ en France hexagonale.

Le plan prévoit parallèlement d’étudier l’extension de certains gestes de confort d’été à MaPrimeRénov’ par geste.

Les copropriétés également concernées

Le confort d’été apparaît également dans les évolutions législatives actuellement examinées.

Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026 puis transmis à l’Assemblée nationale, contient notamment des dispositions relatives à l’amélioration du confort d’été et à la lutte contre la surchauffe dans les copropriétés.

Le texte adopté par le Sénat prévoit notamment de faciliter la prise en compte de travaux d’amélioration du confort d’été et l’installation de protections solaires extérieures.

Ces dispositions ne constituent cependant pas encore du droit définitif : à la date du 10 août 2026, le projet de loi poursuit son parcours parlementaire.

Cette évolution confirme néanmoins que l’adaptation du parc existant aux fortes chaleurs dépasse désormais largement le seul cadre de la construction neuve.

Quels enjeux pour les diagnostiqueurs immobiliers ?

Pour les diagnostiqueurs, l’enjeu immédiat consiste avant tout à bien distinguer la performance énergétique du logement et son comportement en période estivale.

Le DPE actuel fournit déjà une première information sur ce second aspect. Mais un indicateur plus précis et plus visible pourrait accroître l’attention portée au confort d’été par les propriétaires, acquéreurs et locataires.

Si l’affichage d’un futur indicateur dans les annonces immobilières devait être retenu, cette information pourrait également prendre une place beaucoup plus importante lors des transactions. Il est toutefois trop tôt pour déterminer son influence réelle sur la valeur des logements ou les décisions des acquéreurs.

Pour la profession, les prochaines évolutions devront surtout être suivies sur plusieurs points : méthode de calcul, données à relever, présentation du nouvel indicateur, éventuelle nouvelle lettre et articulation avec le DPE actuel.

Aucune modification de ces éléments ne doit être considérée comme acquise avant la publication des textes réglementaires correspondants.

Conclusion : vers une performance thermique pensée toute l’année

Le confort d’été n’est donc plus un sujet périphérique du diagnostic immobilier.

Il figure déjà dans le DPE, mais les pouvoirs publics considèrent désormais que son évaluation doit être améliorée. Le PNACC-3, le plan gouvernemental d’adaptation aux vagues de chaleur et les annonces faites en juillet 2026 confirment cette orientation.

La tendance est claire : la performance d’un logement est appelée à être appréciée de manière de plus en plus globale, en tenant compte non seulement des consommations énergétiques et du confort hivernal, mais également de sa capacité à limiter les surchauffes en période estivale.

Pour les propriétaires comme pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu consiste désormais à anticiper cette évolution sans confondre les dispositifs déjà applicables avec les réformes encore en préparation.

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